Résumés

Résumés des présentations 2018

Regard sur la Marche mondiale des femmes dans une perspective féministe intersectionnelle

Par Michèle Asselin

C’est dans la foulée de la Marche « Du pain et des roses » de 1995 que l’idée d’entreprendre une Marche mondiale des femmes pour marquer le début du XXIe siècle a germé au sein de la Fédération des femmes du Québec. La prémisse de ce mouvement était la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, de l’égalité entre les femmes elles-mêmes et de l’égalité entre les peuples. C’est dans un monde de plus en plus « mondialisé » que ce projet s'est développé. Un monde construit par les forces conjuguées d’un système d'oppression des femmes, le patriarcat; d’un système de domination Nord/Sud, le colonialisme; et d’un système d’exploitation économique, le capitalisme néolibéral. Comment un tel mouvement mondial, initié au Québec, s’est-il organisé sans reproduire en son sein les rapports de domination et de discrimination qu’il dénonçait? Comment s’est partagé le pouvoir? Quelles leçons tirer de cette expérience de convergence d’actions féministes unique? La Marche mondiale des femmes est-elle parvenue à intégrer une perspective féministe intersectionnelle dans sa structure même?

La Loi sur l’équité salariale : un outil essentiel dans la lutte contre la discrimination systémique

Par Martine Bégin

En 1996, la Loi sur l’équité salariale a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, qui reconnaissait alors l’existence de discrimination systémique à l’endroit des personnes occupant un emploi traditionnellement féminin. Depuis, l’écart salarial entre les femmes et les hommes calculé à partir du salaire horaire moyen a diminué d’un peu plus d’un tiers, passant de 15,8 % à 10,2 %. Il s’agit d’une nette amélioration, mais les efforts doivent tout de même se poursuivre de façon à ce que toutes les femmes bénéficient de l’équité salariale. Dans cette présentation, nous rappellerons le contexte qui a mené à l’adoption de cette Loi et le type de discrimination qu’elle vise à corriger. Outre les gains obtenus, nous aborderons également les limites de la Loi et les difficultés relatives à son application, notamment pour les femmes non syndiquées. Nous présenterons les actions prises en réponse à ces défis. Enfin, un regard sera posé sur les mesures adoptées ailleurs au Canada et dans le monde en vue d’éliminer la discrimination à l’égard des femmes en matière salariale. 

Racisme et racialisation : une perspective féministe antiraciste

Par Leila Benhadjoudja

Les discussions autour du racisme suscitent bien des tensions et controverses tant au niveau sociopolitique que académique. Les espaces féministes sont largement concernés par la différence raciale et les injustices qu’elle engendre au sein du mouvement des femmes, une question qui a pourtant été longtemps mise à la marge. Dans une ère que certain.e.s voudraient présenter comme « post-raciale », où la logique colordblind (aveugle à la couleur et à la race) est constitutive des discours dominants, la racialisation reste un processus au cœur du contrat social. Ce processus n’est pas autonome, il croise et se nourrit de plusieurs dynamiques de différenciations et de hiérarchisations sociales. Je propose dans cette communication une analyse féministe antiraciste des modalités de racialisation et ses implications systémiques. En m’intéressant plus particulièrement aux différents contextes euroaméricains, il s’agira de montrer les multiples formes que peut arborer la racialisation, tout en m’intéressant plus spécifiquement à la manière dont ce processus s’incorpore dans la vie des femmes racisées. 

Progression des femmes dans diverses professions traditionnellement masculines au Québec : comment les organisations peuvent-elles contrer les discriminations?

Par Sophie Brière 

Dans un contexte où des avancées politiques et juridiques en faveur de l’égalité permettent aux femmes d’obtenir en plus grand nombre un diplôme universitaire et d’avoir un accès élargi au marché du travail, force est de constater que les parcours des femmes dans certaines professions historiquement masculines au Québec est une réalité qui demeure complexe et variable. Comment expliquer ces écarts? Dans la trajectoire de carrière des femmes, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes? Quelles sont les pratiques organisationnelles qui favorisent ou défavorisent la progression et la rétention des femmes dans ces professions? C’est pour répondre à ces questions qu’un projet de recherche, qui sera présenté dans le cadre de cette université féministe d’été, a été entrepris en 2015. Cette recherche a mis à profit la richesse de plusieurs méthodes afin de documenter divers aspects des professions ciblées dans 6 secteurs d’activités : sciences et génie; santé; droit et sécurité publique; finances; gestion d’établissement d’enseignement collégial; santé et sécurité au travail.

Peut-on régler la discrimination systémique une embauche à la fois? Le rôle du droit dans une approche concertée et intersectionnelle de la discrimination en emploi 

Par Rachel Chagnon

L’impact de la discrimination systémique sur les milieux de travail est bien documenté. Depuis déjà plusieurs décennies, différentes interventions législatives ont été faites afin de réduire voire faire disparaître ce type de discrimination. Ces efforts ont-il été efficaces ? Que reste-il à accomplir ? La présente intervention permettra un rapide tour d’horizon des efforts législatifs faits au Québec et au Canada afin de contrer la discrimination systémique et elle focalisera sur l’apport de l’analyse intersectionnelle pour tenir compte des effets combinés des multiples vulnérabilités et améliorer les dispositifs législatifs.

Femmes, athlètes et suspectes : Quand la sexualité et l’identité de genre entravent les performances

Par Guylaine Demers et Camille Michon

Cette session portera sur les résultats d’une étude récente sur l’expérience des athlètes lesbiennes, gais, bisexuel.le.s et transgenres (LGBT) canadiens. De façon plus spécifique, nous analyserons les particularités des athlètes lesbiennes et trans avec un regard féministe, ce qui permettra dexpliquer les barrières particulières auxquelles elles font face dans le monde du sport. Une partie interactive permettra aux participant.e.s de mieux saisir les enjeux liés à la participation sportive de ces athlètes et de saisir lampleur des injustices quelles vivent. 

Un genre à part entière 

Par Hélène Dumais

Doit-on écrire « le directeur(e) »? « les auditeurs-trices »? « les employés et les employées sont invités et invitées »? Il existe, de nos jours, des façons d’éviter ces tournures insatisfaisantes et de s’adresser à un public mixte dans une langue correcte et claire, tout en respectant les règles de grammaire et de morphologie lexicale en français. 

Cet atelier permettra aux participantes et aux participants de se familiariser avec la rédaction de textes épicènes, c’est-à-dire qui n’ignorent aucune personne en raison de son sexe et qui ont pour objet de promouvoir une représentation équitable des femmes et des hommes. Il les amènera aussi à s’habituer à l’emploi d’un vocabulaire inclusif. 

Tout d’abord, la conférencière fera le point sur les pratiques et les tendances en la matière au Québec et dans la francophonie. Ensuite, elle passera en revue les principes de base en ce qui concerne la rédaction épicène. Enfin, elle proposera des exercices sur des textes courants (corrigés sur place). 

Femmes et féminismes autochtones au Canada : de nouveaux défis pour la recherche féministe

 Par Caroline Hervé

Cette présentation explore les différentes dimensions théoriques et pratiques des féminismes autochtones qui visent à penser l’expérience des femmes autochtones à partir d’un point de vue féministe critique tout en le replaçant dans le contexte des rapports coloniaux de pouvoir. Elle s’attache à décrire l’ancrage de ces nouvelles propositions dans le féminisme postcolonial, l’intersectionnalité et dans les expériences individuelles des femmes autochtones. En prenant plus particulièrement l’exemple des féminismes autochtones qui ont éclos au Canada au cours des dernières décennies, nous montrerons en quoi ces nouvelles propositions constituent une critique originale des théories féministes mainstream et en quoi elles représentent un véritable projet politique pour les nations autochtones. Nous évoquerons également les résistances rencontrées par ce nouveau courant au sein des communautés autochtones, ce qui nous permettra de comprendre en quoi il vient bouleverser la configuration actuelle des rapports de pouvoir hommes-femmes, héritée des politiques coloniales.

L'égalité politique des femmes : où en sommes nous ? 

Par Esther Lapointe

Il y a près de 20 ans, au sortir d’une entrevue avec le premier ministre Lucien Bouchard, Élaine Hémond fondait le Groupe Femmes, Politique et Démocratie. Ce dernier venait de lui dire que c’était aux femmes à se prendre en main pour régler leur problème de sous-représentation en politique. C’était clair : il n’y avait aucune volonté politique d’agir pour améliorer la situation. Qu’en est-il en 2018?

Un premier colloque en 1999, sous le thème La politique? Pourquoi pas moi? permet au GFPD d’identifier un certain nombre de facteurs à la faible représentation des femmes en politique et dans tous les lieux de pouvoir. Dès lors son action sera de deux ordres : tenter d’obtenir l’appui des élu.e.s pour mettre en place des mesures visant à contrer les obstacles systémiques à la participation égalitaire des femmes au pouvoir et, sans plus attendre, éduquer la population à l’engagement citoyen et démocratique et développer des activités visant à outiller les femmes et à les accompagner dans leur cheminement vers les plus hautes instances.

Ces actions ont-elles porté fruit? Oui dans une certaine mesure. Les activités et outils développés par le GFPD au fil des ans et du financement ont apporté un réel soutien à plusieurs femmes qui aspiraient aux lieux de pouvoir. Quant aux élu.e.s, plusieurs nous ont donné leur appui tandis que d’autres sont en réflexion par rapport aux moyens d’atteindre la parité femmes-hommes. Le 1er mars dernier, le colloque La parité, ça change le monde, a mis en lumière des préjugés souvent inconscients qui font encore et toujours obstacle à l’avancée des femmes quel que soit le domaine. En prendre conscience collectivement est un pas de plus dans la bonne direction, tout comme le mouvement #Moiaussi. 

Femme(s) et folie: l’épreuve de la Raison pour toutes

Par Katherine Larose-Hébert

La thérapie féministe fut initialement développée dans l'objectif de dépathologiser les expériences et les affectes des femmes, trop souvent réduits à des manifestations de déviances psychiques individuelles par les courants dominants de la psychologie et de la psychiatrie. Ainsi, l'ancrage de ce que nous nommons aujourd'hui l'intervention féministe, se situe dans une posture thérapeutique visant à comprendre "autrement" la souffrance des femmes, c'est-à-dire en la collectivisant et en intégrant à l'analyse de celle-ci, les répercussions de l'oppression patriarcale. Dans une multitude de champs de recherche critique et de pratiques ciblant divers systèmes d'oppression, tel que l'hétérosexisme, le colonialisme, le capacitisme ou le racisme, la pathologisation de l'expérience se situe au coeur des dénonciations. L'accès à la "santé mentale" y est considéré comme un privilège inégalement réparti et invisibilisant plusieurs formes de violence systémique. Ceci fut d'ailleurs mis en lumière, entre autres, par des auteurs tel que Michel Foucault, Erving Goffman et le courant des " Mad Studies " aux États-Unis. Oppression et maladie mentale semblent donc être interreliées, de sorte que certains et certaines seront plus sujets à s'y heurter. Ceci étant dit, malgré les avancées théoriques et pratiques du mouvement féministe, les femmes continuent d'être majoritaires dans les services de santé mentale. Elles sont surreprésentées dans certains diagnostics, tel que les troubles névrotiques, dont la dimension sociale est largement documentée. Cependant, de quelle(s) femme(s) est-il question? Dans cette communication nous interrogerons les répercussions de l'intersection des systèmes d'oppressions dans le champ de la santé mentale. Encore peu étudié, nous chercherons à savoir si certaines identités "femmes" engendrent une pathologisation excessive de l'existence.

Genre et capacitisme : intersections, exclusions et enjeux pour la recherche féministe

Par Dominique Masson, Université d'Ottawa 

La volonté de prendre en compte la pluralité des formes d’oppression, d’inégalité et d’exclusion que vivent les femmes comme groupe hétérogène se traduit dans l’appel de plus en plus fréquent à intégrer une perspective intersectionnelle dans les recherches féministes. Cette allocution vise à introduire les étudiant-e-s de l’Université féministe d’été à une dimension trop souvent ignorée dans les études se réclamant de l’intersectionnalité : celle des (in)capacités. En premier lieu, je présenterai les concepts de capacités/incapacités, de handicap et de capacitisme, tels que développés dans les théories critiques du handicap et par les auteures féministes qui s’y rattachent. En tant que système de différenciation et de hiérarchisation sociale, le capacitisme associe des positions de pouvoir et des privilèges aux personnes catégorisées comme « valides » et handicape les autres. Je m’attacherai donc en second lieu à mettre en lumière les différentes formes d’oppression, d’inégalité et d’exclusion que vivent les femmes en situation de handicap, qu’elles soient liées au « capacitisme tout court » autant qu’à la façon dont celui-ci se combine avec le système de genre pour produire les expériences différenciées des femmes en situation de handicap en ce qui a trait à la maternité, la sexualité, la santé sexuelle et reproductive, l’emploi et la violence faite aux femmes. En troisième lieu, je soulèverai les enjeux qui me semblent importants pour la recherche féministe en ce qui concerne les femmes en situation de handicap, en particulier ceux du développement de l’analyse intersectionnelle ainsi que d’une recherche féministe plus inclusive.

Témoignages publics et changement social: une pratique féministe et militante qui a du cran!

Par Maria Nengeh Mensah

À partir d’un compte rendu personnel de mes travaux sur les cultures du témoignage au Canada, je décrirai les pratiques du témoignage public des femmes, de féministes et de personnes minorisées en raison de leur sexualité ou de leur genre. Cette petite histoire sera mise en lien avec les pratiques militantes féministes qui y concourent - lors de la production d’un récit sur sa vie intime ou sur sa sexualité, tout comme lors de la réception du témoignage chez un large public. S’appuyant sur une épistémologie féministe, le témoignage public est appréhendé comme un levier de changement. La prise de parole met en lumière, d’une part, la richesse des savoirs situés qui décentrent la construction traditionnelle des connaissances dites légitimes, et d’autres part, la création d’une communauté d’écoute des personnes partageant leurs vécus - un public qui valide leur existence et confirme une redéfinition du problème. J’inviterai l’assistance à mesurer le caractère transversale de la violence du genre, et par conséquent à voir apparaître le courage et l’intrépidité de cette militance! Sa force réside non seulement dans sa capacité à rendre visible, audible et crédible des vies vécues (ex: #agressionsnondenonsees, #moiaussi), mais aussi dans la volonté de ses actrices.acteurs à faire partie d’une lutte féministe plus inclusive (ex. Personne ayant une expérience du travail du sexe, personne intersexes). 

Dévoiler le sujet social normé de tout rapport de pouvoir et (re)penser l’émancipation  

Par Linda Pietrantonio

La notion de diversité fait partie désormais de la sémantique des inégalités et hiérarchies sociales issues de divers rapports de pouvoir, dont les rapports sociaux de sexe. On la constate usitée à des fins de reconnaissance de valence sociale et contre les pratiques discriminatoires qui (re)produisent un sujet social normé, national et sexué, désormais questionné. On la voit érigée en porte-étendard des manifestations publiques contre l’hétéronormativité.  Elle s’est imposée comme variable incontournable au débat sur le sujet politique du féminisme. On ne compte plus les politiques publiques qui y ont recours, dont celles relatives à la réglementation des produits culturels. Si ces usages apparemment éclectiques peuvent étonner, force est de constater que la notion de diversité accompagne désormais le champ discursif de l’égalité.

Si la notion de diversité semble s’être imposée comme marqueur démographique des sociétés occidentales et outil de revendication de places sociales dûment légitimes, il y a lieu d’observer toutefois qu’elle participe d’une forme de résistance aux effets de la domination qui bouscule peu l’ordre social, où demeurent significatives notamment les catégories de sexe et de race, ainsi que les violences aux formes multiples qui les accompagnent, faites de péjoration ou d’appréciation laudative d’une nature essentialisée.

En s’arrêtant sur le sens et la portée des usages des notions de diversité et d’égalité revendiquées, on pose une série de réflexions analytiques montrant le glissement sémantique, voire la confusion, entre les termes « diversité » et « hétérogénéité intragroupe ». De même, on fait valoir l’intérêt de mettre en lumière la part ternaire de tout rapport de pouvoir rendant visibles les particularités des référents de toute pratique de domination.  Enfin, on plaide pour une nécessaire articulation théorique domination/émancipationpour dépasser les effets piégeant des rapports sociaux de domination au cœur même des outils pour la contrer.

Les propositions analytiques ainsi dégagées s’inscrivent dans ce qu’il est convenu de nommer l’analyse des rapports sociaux constitutifs des majoritaires et des minoritaires, dont la charpente théorique a été élaborée centralement par Colette Guillaumin dans son ouvrage intitulé L’idéologie raciste. Genèse et langage actuel (1972). Les notions de groupes, de statut et d’individuation au cœur de cet appareil théorique resurgiront comme autant de paramètres à articuler de manière raisonnée pour penser le sujet social normé issu des pratiques de domination et ainsi le sujet de l’égalité.

Piégées dans la zone neutre : les femmes et la diversité dans la médiatisation du sport au Québec

Par Marilou St-Pierre 

Au Québec, comme ailleurs en Amérique du Nord, la médiatisation du sport se conjugue au masculin. En fait, plusieurs entreprises de presse québécoises ne comptent tout simplement aucune femme au sein de leur section des sports, une situation qui perdure dans le temps. Dans le cadre de cette présentation, j’explorerai trois aspects distincts de cette problématique. Premièrement, je présenterai quelques chiffres sur la diversité – ou l’absence de - dans les médias sportifs québécois. Mais parce que les chiffres ne présentent qu’une partie de la réalité, j’explorerai ensuite certaines barrières rencontrées par ces femmes qui, de 1970 à 2015, ont malgré tout percé ce champ d’activités. Je terminerai en questionnant la place accordée aux journalistes sportives dans les revendications des femmes journalistes depuis les années 1980. 

L’expérience des personnes immigrantes parrainées par une ou un conjoint au Québec au prisme de l’intersectionnalité

Par Lorena Suelves Ezquerro

Tirée d’une recherche intitulée « S’il suffisait qu’on s’aime : l’expérience du processus du parrainage entre partenaires conjugaux au Québec », cette communication s’intéresse aux effets des règles de parrainage canadiennes qui encadrent l’immigration familiale entre partenaires conjugaux au Québec et aux différentes formes d’inégalités auxquelles sont confrontées les personnes immigrantes, notamment les femmes. Une quarantaine de récits de vie ont été réalisés avec des personnes parrainées et des personnes qui ont parrainé un conjoint ou une conjointe au Québec. Les parcours des personnes immigrantes sont étudiés en fonction de trois étapes cruciales : la situation de pré́ départ, le départ et l’installation au Québec. Les résultats préliminaires révèlent que les expériences sont très diverses et directement influencées par différents systèmes de domination, notamment la « race », la classe, le genre, la génération et l’orientation sexuelle, tant à l’intérieur du couple que dans les différentes sphères de la société.

Intersectionnalité: féminisme inclusif ou étiquette militante? 

Par Khaoula Zoghlami

Ma réflexion portera sur les jonctions entre féminisme intersectionnel, recherche universitaire et militantisme au Québec. Le féminisme intersectionnel a émergé dans les années 60 et 70 durant la lutte des femmes noires américaines qui tentaient difficilement de conjuguer leurs engagements féministe, antiraciste et syndicaliste. Dans les dernières années, le concept d’intersectionnalité connaît un regain d’intérêt – voire une effervescence – particulièrement dans les milieux féministes universitaires et dans les organisations militantes. Néanmoins certaines chercheuses mettent en garde contre l’institutionnalisation rapide de cette notion dans le milieu universitaire qui, selon elles, dilue son noyau subversif. Ma présentation consistera donc à exposer ces différents enjeux et réfléchir aux défis auxquels fait face le féminisme intersectionnel dans le milieu universitaire et militant au Québec.